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Parure funéraire masculine

Parure funéraire masculine

Premier quart du XIIe siècle, dynastie des Liao (907 – 1125)
Mongolie Intérieure ou Liaoning
Métal doré
H : 24.1cm L : 21.5cm (Masque), H : 23.7cm L : 28.3cm (Coiffe)
M.C. 2001-8(Masque), M.C. 2001-9(Coiffe)

Les composants des deux parures funéraires  sont autant de témoins précieux du mode d’inhumation en usage sous la dynastie des Liao au sein de l’élite Khitan ; celui-ci associait momification du corps à l’emploi d’un costume funéraire élaboré dont certains éléments étaient métalliques. L’Histoire officielle des Liao ne fait qu’une vague mention de ces accessoires funéraires, les nommant simplement « objets qui couvrent le cadavre ». Deux tombes découvertes dans les années 1980 ont révélé des dépouilles parées suffisamment bien préservées pour vérifier et étoffer les rares détails mentionnés dans quelques textes anciens (Nei Menggu, 1993).

Chacun des masques du musée Cernuschi fut réalisé dans une seule feuille de bronze mise en forme par martelage ; le soin tout particulier apporté au polissage fut ensuite complété par la dorure. Les masques funéraires sont de loin les éléments les plus fréquemment trouvés lors de fouilles. Ils sont rehaussés de rares détails, délicatement incisés, telles les moustaches qui permettent, seules, de distinguer avec certitude le masque masculin de son pendant féminin. Leurs paupières closes dessinent une élégante ligne onduleuse. Les perforations ménagées sur le rebord des masques permettaient de les rattacher à un linceul de mailles. Le lobe des oreilles devait être orné de boucles d’oreilles dont une seule, en forme de félin, est encore en place sur le masque féminin. Le port de boucles d’oreilles, particulièrement en vogue sous les Liao, n’était pas propre aux Khitan et, contrairement à une opinion répandue même à l’époque, cette mode était largement en vogue dans l’empire voisin des Song (Zhang, 1987, p.26).

Boucles d’oreilles ou ornements de temps, les pendentifs formés de deux perles d’une matière laiteuse serties d’or se distinguent par l’importance inhabituelle de leur crochet. Ils accompagnent un collier formé d’éléments en cristal de roche, en améthyste et en or. La présence de tels colliers composites est récurrente dans les tombes Liao. Les coiffes funéraires sont en revanche plus rares : peu de celles confectionnées en textile ont sans doute subsisté. Chacun des masques du musée Cernuschi est associé à une coiffe en métal doré, formée de plaques ajourées assemblées par des fils.

La coiffe masculine en argent doré est d’une facture plus complexe : vingt-quatre panneaux ajourés aux contours découpés en accolades sont agencés par groupes de trois sur une armature formée de quatre tiges. Chacun d’entre eux est orné d’un canard mandarin ou d’un phénix auxquels répondent huit oiseaux se balançant au bout de fils métalliques. Ces éléments mobiles ne sont pas sans rappeler les ornements de tête buyao de la période des Trois Yan (335–436) et du royaume coréen de Goguryeo (37 av. JC – 668 ap. JC) retrouvés en Chine du Nord-est. L’iconographie, en revanche, n’évoque plus le monde de la steppe mais la culture chinoise : les thèmes les plus fréquents sont les dragons ou les phénix associés au joyau enflammé. Bien qu’elles ne soient pas mentionnées dans l’Histoire officielle des Liao, de telles coiffes auraient pu faire partie du costume officiel des fonctionnaires. La recherche d’antécédents est largement ouverte : l’utilisation de feuilles de métal ajourées renverrait aux couronnes du royaume coréen de Silla.

Les caractéristiques stylistiques de ce rare ensemble funéraire permettent de le dater du premier quart du XIIe siècle.

Collection : Dynastie des Liao (907-1125)
Mode d'acquisition : Don de Mme et M. Agnès et Christian Deydier, 2001.
Référence(s)

Eric Lefebvre, Art chinois, Musée Cernuschi, acquisitions 1993-2004, Paris Musées / Findakly, 2005, p. 124-126

Parure funéraire masculine
© Musée Cernuschi