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Nécessaire portatif à thé

Nécessaire portatif à thé

XVIIe ou début du XVIIIe siècle
Bois, décor de laque de paillettes d’or (nashi-ji) et de poudre d’or en relief (taka maki-e)
H : 35.7 cm ; L : 38.2 cm ; P :22.5 cm
M.C. 4451

L’intérieur de ce nécessaire pour ustensiles du thé, selon un modèle resté immuable au cours de l’époque d’Edo, est divisé en deux étages par une planche horizontale ; l’étage inférieur est divisé en deux compartiments à tiroirs de forme presque cubique. L’ensemble est fermé par le panneau de devant qui s’enlève entièrement. Ces coffrets servaient à ranger et transporter les ustensiles essentiels pour la préparation du thé battu (matcha ou maccha), tels que bol à thé chawan, porte bol chawandai et pot à poudre de thé natsume. Le motif répété de triple feuille d’asarum caulescens (mitsuba aoi-mon) indique qu’il faisait partie du trousseau d’une princesse d’une des branches du clan Tokugawa, dont c’est un des emblèmes (kamon). Des chadansu très proches sont conservés au Japon, notamment par la fondation Tokugawa ou encore au musée municipal d’Ōsaka. Celui d’Ōsaka notamment, qu’on date du début de l’époque d’Edo, possède une serrure et les parties métalliques qui présentent des similitudes frappantes avec celles du coffret du musée Cernuschi, mais le caractère fluide et simple du décor de ce dernier se rattache plutôt au XVIIIe siècle.

Extérieur et intérieur sont couverts d’un fond de laque nashiji ; le décor de jeunes pins (wakamatsu) et de bambous (take), de rochers et de cours d’eau traités en différentes techniques : laque d’or et d’argent en relief ou takamaki-e, et pour les feuilles des végétaux, en très léger relief usuniku takamaki-e. Des parcelles d’or (kirikane) ont été parsemées le long des troncs d’arbres et sur les rochers. Ce décor, qui court sur les quatre cōtés du coffret, ainsi que les tiroirs intérieurs, devait se retrouver sur les autres pièces du trousseau ; il était de coutume en effet d’assortir le décor de toutes les pièces composant un même trousseau en déclinant des thèmes choisis dans la littérature classique, comme un épisode du Dit du Genji, le célèbre roman de Murasaki Shikibu, rédigé au XIe siècle. L’intérieur et les parties cachées par les éléments métalliques présentent une teinte très orangée qui a pali, sous l’effet de la lumière, sur la surface extérieure du coffret.

Auteur de la notice : Michel Maucuer
Collection : Arts décoratifs du Japon
Mode d'acquisition : Legs Henri Cernuschi, 1896.

Coffre
© Musée Cernuschi