La période Tang (618-907) est souvent appelée l'Age d'or de la civilisation chinoise. La stabilité instaurée par les Sui permet aux nouveaux dirigeants d'étendre les frontières du pays, en particulier vers l'Asie centrale, et d'accroître la sécurité sur ces routes de la soie qui relient le Moyen-Orient à la Chine. La capitale, Chang'an, devient la plus grande ville au monde pour cette époque. Elle attire des voyageurs, des artistes, des marchands, des moines venus de toute l'Asie. Persans, Arabes, Indiens, Turks et Ouïgours s'y côtoient, introduisant des modes de pensée, des religions (nestorianisme, mazdéisme, manichéisme, islam), des modes vestimentaires, des motifs décoratifs exotiques que s'empressent d'adopter l'aristocratie chinoise. Ces modèles sont transmis vers la Corée et le Japon. Des moines pèlerins, dont le célèbre Xuanzang (602-664), rapportent de l’Inde des textes bouddhiques et concourent à la multiplication des courants religieux, comme le tantrisme et le chan (en japonais : zen). Le règne de Gaozong (649-683) et le gouvernement personnel de l’impératrice Wu Zetian (690-704), sa femme, constituent probablement le zénith de l'époque Tang. Cependant, la victoire des musulmans au bord de la rivière Talas en Asie Centrale (751) et la rébellion du général An Lushan (755-763) ébranlent fortement l’empire, que finissent par ruiner les nombreuses jacqueries dues à la misère et aux famines récurrentes. La grande persécution menée contre le bouddhisme (842-845) met un terme aux diverses expressions artistiques qui en découlent. Monastères, statues, objets de culte qui participaient au prosélytisme sont tous détruits et les moines et officiants sont rendus à la vie civile.
Si les temples qui subsitent de cette persécution ne sont qu'au nombre de deux (Nanchansi et Foguangsi, Shanxi), les sculptures sont fort heureusement plus nombreuses. Elles témoignent des apports indiens de l'époque Gupta: les divinités, aux visages arrondis empreints de douceur et de sérénité, deviennent plus sensuelles; des drapés "mouillés" divulguent le modelé de leurs corps. Les mouvements souples sont marqués par des recherches de réalisme visibles dans les musculatures des gardiens de temples.
La richesse des tombes est exceptionnelle. Les nombreuses découvertes récentes ont fait apparaître des peintures murales retraçant la vie de la cour et des mingqi en terre cuite revêtue de glaçure plombifère colorée aux oxydes métalliques, figurant les diverses activités aristocratiques, et évoquant les voyages le long des routes de la Soie.
Barbare à la corne
2ème moitié du VIIe siécle, dynastie des Tang (618 – 907) - Terre cuite glaçurée et peinte
Chameau
Première moitié du VIIIe siècle, dynastie des Tang (618 – 907) - Céramique « trois couleurs » (sancai)
Joueur et joueuse de polo
Dynastie des Tang (618 – 907) - Céramique « trois couleurs » (sancai)
Cheval et palefrenier
1er moitié du VIIe siècle, dynastie des Tang (618 – 907) - Bois (Metasequoia)
Guerrier
VIIe siècle, dynastie des Tang (618 – 907) - Terre cuite avec traces de polychromie et d’or
Marchand sogdien
VIIe siècle – début VIIIe siècle, Dynastie des Tang (618 – 907) - Terre cuite
Orchestre de huit cavalières-musiciennes
Début du VIIIe siècle. Dynastie des Tang (618 – 907) - Terre cuite polychrome
Buste de dame de la cour
début du VIIIe siècle, Dynastie des Tang (618 – 907) - Bois avec traces de dorure et de polychromie
Paire de chevaux au dressage
Première moitié du VIIIe siècle, Epoque Tang (618 – 907) - Terre cuite
Tête de sage taoïste
VIIIe siècle, dynastie des Tang (618 – 907) - Grès
Tête de Bodhisattva
Petite stèle
VIIIè siècle - Grès
Haut de stèle
VIII ème siècle - Grès