+ TOUS LES MUSÉES DE LA VILLE DE PARIS

DéCOUVREZ LES 14 MUSéES DE LA VILLE DE PARIS

» Fermer

Arts graphiques du Japon

Arts graphiques du Japon

Les premiers témoignages d’un art graphique au Japon sont des décors peints en rouge et noir sur des objets en laque. Ils remontent à l’époque néolithique Jōmon ( vers 10500-400 avant J.-C .).Au cours de l’époque Yayoi (IVe siècle av.J.-C.-IIIe siècle ap.J.-C.), des dôtaku (sorte de cloche sans battant) en bronze révèlent des scènes de la vie agraire : chasseurs, animaux, maisons et greniers. C’est à l’époque des Grandes sépultures (époque des Kōfun , vers 250-600) que les parois des tombes s’ornent de motifs géométriques et symboliques, mais également de scènes figuratives animées de personnages et de chevaux.

Après l’introduction du bouddhisme au Japon en 538 ou 552, une iconographie empruntée au continent est mise en place. Des représentations du Bouddha, des épisodes de la vie du Bouddha historique et de ses vies antérieures sont illustrées sur les parois des temples, sur des tentures brodées et sur des objets de culte. A Nara, capitale impériale (645-794), des décorateurs ornent, pour les besoins de la cour impériale, des paravents et des instruments de musique de paysages, de scènes de chasse, de représentations animalières ou florales. Ces peintures sont fortement marquées par les techniques chinoises et suivent les styles de l’époque des Trois Royaumes et des Six Dynasties (220-589), puis de l’époque des Tang (618-907).

A l’époque de Heian (794-1185), la peinture religieuse prend un essor considérable, suivant les codes iconographiques édictés par les nouvelles obédiences du bouddhisme récemment introduites du continent chinois (sectes ésotériques).

Grâce à la création d’une écriture syllabaire pour transcrire la langue japonaise se développe une littérature de cour dont le chef d’œuvre est sans conteste « Le Roman du prince Genji » écrit par Dame Murasaki Shikibu vers l’an 1000. Cette littérature est illustrée dans des rouleaux enluminés horizontaux qui narrent la vie de la cour dans un style pictural original. Afin de le différencier de la peinture « à la chinoise » (kara-e) jusqu’alors en vogue, il est désigné par le terme « peinture de la région du Yamato » (Yamato-e). Il se caractérise par des applications colorées, des personnages vêtus de costumes japonais, aux traits du visage stylisés, évoluant dans des habitations proprement indigènes et utilisant une perspective plongeante. Ce style est à la naissance d’une tradition picturale qui sera préservée jusqu’au XIXe siècle dans les ateliers Tosa, puis Sumiyoshi, bien que subissant au fil des siècles des évolutions notables. Un autre genre de la peinture du Yamato est représenté par des enluminures aux couleurs légères, au graphisme presque caricatural, et souvent non dénuées d’humour. Elles sont désignées en raison de ce style vigoureux sous le nom de « peintures d’hommes » (par opposition aux « peintures de femmes » du style précédent).

Cette peinture sur rouleaux enluminés horizontaux (emakimono) connaît un âge d’or à l’époque de Kamakura (1185-1333) en illustrant les récits de la vie des moines fondateurs de temples, les circonstances d’érection de temples, ou bien encore les récits de batailles opposant les divers clans militaires. A l’époque de Muromachi (1336-1568), des rouleaux de petits formats illustrant des histoires populaires (otogizōshi) traitées dans le style du Yamato-e connaissent également un grand succès.

Cependant, outre ces peintures de petit format, il existe une peinture murale sur paravents, portes et parois coulissantes, qui ornait les demeures des aristocrates, des prieurs de temples et des grands militaires. Les premiers exemples en sont mal connus, mais il est probable qu’elle adopta rapidement le style du Yamato. 

 

Retrouvez les collections du musée Cernuschi sur le site des collections des musées de la Ville de Paris

 

Au cours de l’époque de Muromachi, la mode de l’esthétique chinoise, sous l’influence du bouddhisme Zen, contribue à l’élaboration d’une peinture à l’encre monochrome (Kanga ou « peinture à la chinoise ») qui s’épanouit dans les temples zen, tels que le Shōkōku-ji de Kyôto. Ce style gagne les décorations intérieures des palais shogunaux. L’école picturale Kanō, fondée par Kanō Masanobu (1434-1530), peintre officiel (goyo eshi) du shōgun, répond à ces commandes. Son fils, Kanō Motonobu (1476-1559) réalise la synthèse de l’art du Kanga et de la peinture du Yamato, combinant sur des paravents des thèmes et des encrages chinois aux riches couleurs du Yamato-e.

La fin du XVIe siècle et le début du XVIIe siècle sont l’âge d’or de l’école Kanô sous la direction de Kanō Eitoku (1543-1590) et ses descendants. Il invente de nouvelles compositions en « gros plan » (taiga) et sur fond de feuilles d’or (kompekiga). Un art fastueux et décoratif enrichit les paravents et les parois coulissantes des châteaux des grands hégémons, Oda Nobunaga et Toyotomi Hideyoshi. D’autres artistes de talents tels que Hasegawa Tōhaku (1539-1610), Kaihō Yûshō (1533-1615) et Unkoku Tōgan (1547-1618) participent à ces décors.

Mais c’est surtout au peintre Tawaraya Sōtatsu (vers 1560-1642) que l’on doit le renouveau des thèmes illustrant la littérature classique. Ses compositions audacieuses, d’un modernisme étonnant, aux larges aplats colorés et dominées par des formes géométriques, rompent avec la tradition miniaturiste de l’école Tosa et font entrer la peinture japonaise dans une époque nouvelle.  Son style est perpétué par des artistes qu’il est convenu de regrouper dans l’« Ecole Rin » ou « Ecole décorative » et dont l’activité se situe à partir de la fin du XVIIe siècle. Ce mouvement pictural tire son nom de l’artiste Ogata Kōrin (1658-1716). Celui-ci s’associe régulièrement avec son frère, le potier Ogata Kenzan. Sakai Hōitsu (1761-1828), fils du seigneur de Himeji, fera revivre l’esprit décoratif de Kôrin dans des paravents à compositions, souvent florales, sur fond de feuilles d’or ou d’argent. Les peintures de cette école sont souvent des allusions à des poèmes et épisodes littéraires classiques.

La peinture de genre, attestée depuis l’époque de Heian dans les rouleaux enluminés, gagne au XVIe siècle les supports de grande taille avec Kanō Hideyori. L’essor d’une bourgeoisie marchande favorise le développement des représentations de la vie quotidienne des citadins sur des paires de paravents. Les spectacles des rues, les fêtes autour des temples et sanctuaires, les quartiers de plaisirs sont autant de sujets qui intéressent tout aussi bien les peintres de l’école Kanō que les « peintres de ville » (machi-eshi), peintres non attachés à une école picturale précise. Ces thèmes sont repris par des artistes qui confient certains de leurs dessins à des graveurs et des éditeurs chargés de les diffuser dans les classes populaires. Ainsi naît la « peinture (et gravure) du monde flottant » (ukiyo-e) qui dépeint tous les plaisirs que peut offrir la ville de Kyōto, puis celle d’Ōsaka et d’Edo (actuelle Tōkyō).

L’introduction de peintures et gravures occidentales à partir de la fin du XVIe siècle et surtout au XVIIIe siècle apporte de nouvelles thématiques et modifie la perception de certains peintres, dans les régions d’Akita et de Kyōto. Ils optent pour des recherches sur la perspective occidentale, sur le volume, l’ombre et la lumière. Ce mouvement réaliste (shaseiga) influence à Kyōto l’école Maruyama-Shijō, fondée par Maruyama Ōkyo (1733-1795). Il ouvre la voie à la peinture moderne. Ces tendances seront encore plus fortes après l’arrivée des peintres européens au cours de la seconde moitié du XIXe siècle. Cette « nouvelle » peinture japonaise utilisant les médiums et supports traditionnels est appelée Nihonga, pour la différencier du courant de la peinture à l’huile (Yōga). Elle témoigne du renouveau de la peinture japonaise sous l’influence de la peinture occidentale enseignée dans les jeunes Ecoles des Beaux-Arts de Tōkyō et de Kyōto par des peintres italiens et par des artistes Japonais venus étudier en France. 

 

 

Ces collections ne sont pas visibles, elles sont actuellement en réserve.

  • Shigure Monogatari («  L’Ondée »)
    Shigure Monogatari (« L’Ondée ») Début XVIIe siècle - Encre sur papier
  • Kokon chomon jû («Recueil des choses d’aujourd’hui et naguère»)
    Kokon chomon jû («Recueil des choses d’aujourd’hui et naguère») Fin XVIIe - début XVIIIe siècle - Encre sur papier
  • Deux fragments d’un paravent
    Deux fragments d’un paravent Ôgata Kenzan Daté 1742 - Encre et couleurs sur papier
  • E-hon Chiyomigusa («livre illustré des mille herbes flottantes»)
    E-hon Chiyomigusa («livre illustré des mille herbes flottantes») 1755 - Encre sur papier
  • Chaleur de printemps
    Chaleur de printemps Kawabata Gyokushô
  • Cerisier en fleur
    Cerisier en fleur ODA Shitsuhitsu Epoque Edo, ère Kyôwa - encre et couleurs sur soie
  • Chat dans un champ de melons
    Chat dans un champ de melons KŌSUI Sano
  • Bananier et moineau
    Bananier et moineau Tsuji Kakô -
  • Coq
    Coq Shimomura Ryônosuke
  • Tournoiement
    Tournoiement Shimomura Ryônosuke